Arnaques par Téléphone

Chaque fiche suit la même structure : ce que c'est, comment elle se présente, les signaux d'alerte, et ce qu'il faut faire.

À retenir

Au téléphone, l'escroc crée une urgence et reste en ligne pour empêcher toute vérification. Il se présente comme un technicien, un conseiller bancaire, un policier ou un proche. Aucun de ces métiers ne demande un code, un mot de passe, un virement immédiat ou une prise en main de votre ordinateur.

Pourquoi un appel désarme mieux qu'un message

Un message se relit, se montre à quelqu'un, se laisse de côté une heure. Un appel, non. Une voix pose des questions, attend des réponses, occupe l'attention. Elle installe une relation dans laquelle raccrocher paraît impoli — et c'est exactement ce qui est recherché.

S'y ajoute le fait que l'interlocuteur mène l'échange. Il sait où il va, vous découvrez la situation. Ce déséquilibre est le véritable outil de l'arnaque, bien plus que l'histoire racontée.

Le numéro affiché ne prouve rien

Le numéro qui s'affiche sur votre écran est déclaré par l'appelant, pas vérifié par votre opérateur. Un appel frauduleux peut donc afficher un numéro suisse, un numéro local, voire le numéro réel d'une banque ou d'un service public. Voir un numéro connu ne garantit rien.

Les quatre demandes qui identifient un appel frauduleux

  • Un code reçu par SMS, un mot de passe, ou les données d'une carte. Aucun service légitime ne les demande, jamais, par aucun canal.
  • L'installation d'un logiciel de prise en main à distance, pour « réparer » ou « sécuriser » quelque chose.
  • Un virement immédiat, y compris vers un « compte sécurisé » présenté comme le vôtre.
  • De ne pas en parler autour de vous, ou de rester en ligne pendant l'opération.

La dernière est la plus révélatrice. Une demande légitime supporte toujours qu'on la vérifie, qu'on rappelle plus tard, qu'on en parle à quelqu'un.

La phrase qui met fin à tous ces appels

« Je vais raccrocher et rappeler moi-même le numéro officiel. » Elle n'a pas besoin d'être justifiée, et il n'y a rien à ajouter. Un interlocuteur légitime la trouvera normale. Un escroc essaiera de vous en dissuader — et cette insistance est en elle-même la réponse.

Après avoir raccroché

  • Utilisez un autre appareil pour rappeler, ou attendez quelques minutes : sur les lignes fixes, la communication peut rester ouverte si l'appelant ne raccroche pas.
  • Cherchez le numéro officiel vous-même : au dos de votre carte bancaire, sur un courrier reçu, sur le site que vous ouvrez de votre côté.
  • Si quelque chose a déjà été transmis, appelez votre banque pour bloquer, puis déposez plainte à la police cantonale.

Questions fréquentes

L'appel venait d'un numéro suisse. Cela ne garantit rien ?
Non. Le numéro affiché est déclaré par l'appelant et n'est pas vérifié. Afficher un numéro suisse, local ou même celui d'une institution réelle ne demande aucun moyen particulier.
On m'a demandé de garder le silence « pour les besoins de l'enquête ». Est-ce possible ?
Non. Aucune autorité ne demande à une personne de mentir à sa banque, de ne pas en parler à ses proches, ou de retirer de l'argent pour le remettre à quelqu'un. Cette demande caractérise l'arnaque à elle seule.
Faut-il décrocher les numéros inconnus ?
Rien ne l'impose. Un correspondant légitime laisse un message ou rappelle. Décrocher n'est pas dangereux en soi : ce qui compte est ce que vous faites ensuite, pas le fait d'avoir répondu.